Thés de légende, légendes du thé

Pour cet avant-dernier post de l'année 2019, je vous propose de rester dans un univers féérique, esquissé par l'approche de Noël, mais sur les terres chinoises du Fujian.

Il y a quinze jours de cela je vous ai parlé des personnages qui ont forgé les mythes autour de la découverte du thé. Aujourd'hui je vous raconte quelques contes de thé! La Chine, on le sait, produit des milliers de thés différents, tous portant des noms enchanteurs, étonnants ou mystérieux pour nos oreilles occidentales. A travers certains de ces thés, nous allons découvrir la légende qui se cache derrière le nom.

Le premier thé au nom auréolé de mystère est un des plus célèbres oolong de Chine, le Tie Guan Yin (ou Tie Kuan Yin), ce qui signifie "Déesse en Fer de la Miséricorde"... Censé être le tout premier thé bleu-vert créé, il trouve ses racines dans le sud de la province du Fujian. Mais pourquoi un tel nom?!

Un pauvre fermier nommé Wei passait quotidiennement, en allant vers ses champs, devant un petit temple en ruine dédié à la déesse Guanyin. Il décida un jour de balayer les débris, de nettoyer la statue en fer (tie) de la déesse et d'y brûler de l'encens. Il revint dès lors tous les jours pour honorer la statue de tiges d'encens. Une nuit, la déesse lui apparut et lui révéla la présence, derrière le temple, d'une grotte où se trouvait un trésor... elle lui ordonna d'aller le chercher, de le planter et de le partager ensuite avec les autres fermiers du village. Il s'exécuta aux premières heures du jour et mit en terre un petit plant de théier. En devenant un véritable arbuste, le fermier put produire de ce théier une boisson extrêmement parfumée. Comme promis, il fit des boutures qu'il partagea avec les fermiers. Tous produisirent alors ce thé fabuleux, nommé en l'honneur de la déesse, et ils en tirèrent suffisamment de revenus pour construire un temple plus grand, sorte de tribut à Guanyin pour ses bienfaits.


Allons au nord de la province, vers les monts Wuyi, terre de renom de très grands oolong, comme le Da Hong Pao (ou Ta Hung Pao),"Grande Robe Rouge".

Les histoires et variantes sont multiples autour de cet honorable thé! Connu depuis la dynastie Ming, c'est à un magistrat de cette époque qu'il devrait son nom...

Ce fonctionnaire en déplacement dans la région, tomba malade et fut pris en charge par des moines (parfois des fermiers). Ces derniers lui donnèrent à boire un thé qu'ils produisaient avec des arbres du coin. Le magistrat fut très promptement remis sur pied et, en guise de remerciement, drapa le théier de sa grande robe rouge. Une autre version remplace le magistrat par la mère de l'empereur qui fit offrir aux moines produisant ce thé, de grands manteaux pourpres pour revêtir les théiers.

Da Hong Pao est aujourd'hui un thé réputé mais rare et onéreux, dont les Chinois honorent d'une tasse leurs invités de marque.

Dernière légende autour d'un oolong moins célèbre que les précédents, mais tout aussi excellent! Nous restons dans la région montagneuse des Wuyi Shan pour découvrir le sublime Bai Ji Guan (ou Pai Chi Kuan), "Crête de Coq Blanche"...

L'histoire nous parle d'un moine dont le coq se jeta dans les serres d'un aigle afin de sauver son poussin. Ému par tant de courage et de démonstration d'amour, le moine inhuma le coq tué par l'oiseau et c'est à cet endroit précis qu'apparut quelques temps après un théier.


Notre visite de terroirs mythiques et de ses légendes s'achève, mais nous aurons l'occasion d'en découvrir bien d'autres encore!!

Je vous quitte sur l'image des six théiers mères de Da Hong Pao, sur le rocher de Jiulong Ke dans les Wuyi Shan... ceux qui furent revêtus, peut-être, de la robe du magistrat... Bonne semaine à vous!



  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - White Circle
N° SIRET: 884 250 275 00010

© 2019 par Tsuru Tea Sommelier. Créé avec Wix.com