Focus sur le Hubei, terre natale du thé vert Enshi Yu Lu


Nous voici partis pour une petite série de voyages autour du thé, à travers trois références fraîchement reçues de la maison de thé marseillaise Pao Cha!

Si vous ne connaissez pas encore cette adresse incontournable, voici un moyen de vous initier à leur gamme, riche d'environ 160 thés et infusions d'exception, majoritairement labellisés Bio. En plus de proposer des crus rares de pures origines chinoises, japonaises, indiennes ou encore coréennes, Pao Cha vous fera aussi rêver grâce à sa large et belle gamme d'accessoires! Si vous n'avez pas l'occasion de vous y rendre, voici le site pour faire vos emplettes: pao-cha.com.

J'ai donc commandé trois références que je vous propose de découvrir: un thé noir chinois du Fujian (Zheng Shan Xiao Zhong), un thé noir taïwanais (Mi Xiang Hong Cha) et un thé vert chinois du Hubei (Enshi Yu Lu). C'est par ce dernier que nous allons commencer aujourd'hui et je vous proposerai la lecture de la dégustation des deux autres lors d'un post ultérieur.



En route vers le Hubei! Cette province du centre de la Chine n'est pas la plus célèbre en Occident pour ses thés mais elle tient pourtant le 4ème rang national des producteurs de thés, derrière le Yunnan, le Fujian et le Sichuan. Manufacturant toutes les couleurs, du thé blanc au thé sombre, le Hubei était déjà réputé pour ses feuilles sous la dynastie Tang (618-907).

C'est également la province natale de deux grandes figures liées au thé :

  • Shen Nong, le "Divin Laboureur": empereur botaniste mythique, découvreur du thé et père de la médecine traditionnelle chinoise.

  • Lu Yu : auteur de la dynastie Tang, connu pour son traité Le Classique du Thé (Cha Jing) paru en 780. Un ouvrage de référence sur le thé, mais qui traite en réalité beaucoup plus de la qualité de l'eau et des instruments de préparation adéquats.

Le Hubei est une terre de collines et d'importants massifs montagneux (au nord et à l'ouest). Le cœur de la province forme un bassin lacustre, parcouru de fleuves et parsemés de nombreux lacs, ce qui lui vaut le surnom de "province aux mille lacs". Le nom de Hubei signifie d'ailleurs en chinois "au nord du lac", c'est-à-dire province située au nord du lac Donting. C'est ici aussi que l'on trouve le gigantesque barrage des Trois-Gorges sur le Yangzi Jiang, à la frontière avec le Sichuan voisin.

En terme de thé, le Hubei s'illustre notamment par ses excellents thés verts, riches en oligo-éléments et surtout en sélénium, important antioxydant ralentissant le vieillissement cellulaire. Découvrons l'un d'entre eux, produit dans la préfecture autonome d'Enshi, à l'ouest du pays.


Le thé dont je vous livre les notes de dégustation porte le nom poétique de "Rosée de Jade d'Enshi" : Enshi Yu Lu. Ce thé sourcé chez Pao Cha est bio, une entrée de gamme pour cette variété présentant tout de même de belles feuilles roulées en aiguilles, d'un vert profond presque bleuté. Produit sur les pentes de la Montagne aux Cinq Pics (Wufengshan), cette variété de thé aurait été créée sous le règne du plus grand empereur de la dynastie Qing, Kangxi (1654-1722).


(Crédit photos : Sunday Natural)


Si les thés verts chinois sont normalement fixés dans des woks chauds (c'est-à-dire que les feuilles sont saisies rapidement pour éviter qu'elles ne s'oxydent et virent au noir), la particularité d'Enshi Yu Lu réside dans le fait que ses feuilles sont étuvées, fixées à la vapeur pendant une minute. Cette technique, plus habituelle pour les thés verts japonais, a l'avantage de préserver la chlorophylle des feuilles, donc de leur donner un beau vert brillant, mais aussi de conserver les antioxydants (catéchines, sélénium). Après cet étuvage (photo de gauche, en haut), le thé est séché à l'air pour refroidir puis il est torréfié pour chasser l'humidité restante. Il est ensuite roulé en aiguilles (photo de droite) et séché une dernière fois. Plusieurs fois primé en Chine, Enshi Yu Lu est parfois surnommé "gyokuro chinois", en référence à cet excellent et prestigieux thé japonais, lui aussi étuvé et roulé en aiguilles, lui aussi fin et délicat en bouche.

Il n'est pas courant dans les maisons de thé de trouver cette production, surtout en France, Enshi Yu Lu étant bien souvent consommé dans son pays d'origine ou exporté principalement vers le Japon ou encore les États-Unis.


A l'ouverture du paquet se dégage déjà l'odeur caractéristique du thé vert chinois! De la feuille sèche émane un nez très légume cuit et minéral, confirmé sur l'infusion (feuilles mouillées) et appuyé par un pôle métallique. La liqueur est d'un beau jaune pâle en tasse, ronde et longue grâce à une pointe amère et astringente (qui peut-être adoucie grâce à un temps d'infusion réduit de moitié). Le thé laisse en bouche une sensation fraîche intense qui prolonge les arômes. Les notes aromatiques se développent en effet sur un pôle végétal cuit dominant (légumes verts comme le chou, foin frais) doublé par l'aspect métallique et fruits à coque grillés (arachide, cajou). En refroidissant, le pôle floral plus subtil s'exprime, laissant une note délicate et fraîche, rappelant aussi la tige tout juste coupée. Une dégustation raffinée et aromatiquement riche!


Voilà le premier volet qui s'achève!

J'espère que cette pérégrination vous aura donné envie d'explorer les thés de cette belle province du Hubei (il existe aussi d'excellents thés noirs!).

Rendez-vous dans quinze jours pour l'exploration des deux derniers thés de cette maison marseillaise.

To be continued...!

Bonne semaine à toutes et tous.


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