Ayez accès à des thés méconnus en France!

Le Blog est de retour! J'espère que l'été a été beau pour vous et que vous avez fait le plein d'énergie pour attaquer cette rentrée du bon pied!

Je vous propose pour cette reprise de découvrir deux thés simples et populaires au Japon mais méconnus en France: le Kyô bancha et le Mimasaka bancha. Ce sont deux thés que j'aime faire découvrir durant mes dégustations car ils sont atypiques et gustativement intéressants.

Je profite d'ailleurs de ce post pour vous annoncer une bonne nouvelle de rentrée: les thés que vous dégustez justement durant mes ateliers ou autres animations, seront (pour certains) disponibles à la vente! Vous pourrez donc désormais goûter et repartir avec votre thé favori en petite quantité (entre 10 et 50g selon la référence).

Pour celles et ceux abonnés à la newsletter, je partagerai avec vous la sélection du moment de ces thés "coup de cœur" la semaine prochaine: des thés confidentiels et de très belle qualité, de différentes provenances et sourcés en très petite quantité.

Vous pourrez aussi sur demande les acquérir en dehors de mes animations...

Ceci étant dit, retournons à nos deux spécimens du jour!



Comme vous le savez la production japonaise de thé est majoritairement axée vers le thé vert, décliné sous plusieurs types, sous différentes formes : les thés pliés en aiguille comme les shincha (première récolte de printemps, les plus fins et prestigieux) et les sencha (cueillettes de la fin du printemps au début de l'automne) ; les thés torsadés comme le tamaryokucha et le kama-iri cha. Il existe également une troisième variété, dénommée bancha, qui regroupe sous une même appellation des thés gustativement et visuellement différents.

Le bancha est un thé moins raffiné que ceux cités précédemment mais très populaire au Japon car consommé presque quotidiennement. Le bancha est d'un aspect plus grossier qu'un sencha car il est issu de cueillettes de feuilles matures (plus basses sur le théier) donc plus grandes et dures. Le bancha désigne principalement des cueillettes tardives d'égalisation des théiers (fin d'automne - début d'hiver), c'est-à-dire une dernière taille de mise en forme avant la période de dormance du théier. C'est pour cela que les banchas sont faits de feuilles moins jolies, parfois déchirées, et de petits branchages.

Il existe cependant plusieurs variétés de banchas, parfois aussi issus de la taille printanière ou estivale des théiers, faisant l'objet de spécialités régionales. Ces banchas ont des allures variables : grossièrement pliés, à peine froissés, des feuilles d'un vert mat ou bien très lustrées, etc.

J'ai eu la chance d'être initiée plus en détail aux banchas régionaux durant le Festival du Thé de Bologne en février 2019 (voir post du printemps dernier). J'avais alors découvert d'autres banchas verts mais aussi fermentés, comme l'excellent Batabata cha ou le désarçonnant Go ishi cha. Le Kyô bancha et le Mimasaka bancha font partie de ces découvertes et constituent des thés traditionnels régionaux qui malheureusement tendent à se perdre.


Le Kyô bancha est certainement le plus connu des banchas régionaux car communément commercialisé au Japon. Comme son nom l'indique, il est manufacturé dans la préfecture de Kyôto, et plus spécifiquement à Uji Tawara.

Ses feuilles sont issues de la taille hivernale des théiers (variété yabukita, récolte de février 2019) pour celui présenté ici. Elles ont été étuvées puis séchées au soleil avant de subir une forte torréfaction. Ce thé très typé développe un puissant bouquet fumé mais qui se révèle très doux en bouche (rien à voir avec un thé véritablement fumé). Rond et sucré, il ne développe pas d'amertume ni d'astringence même en sur-infusion. Ses notes oscillant doucement entre un fumé léger et un côté caramélisé, laissent en bouche un plaisir gourmand. Pauvre en théine, il est souvent utilisé comme condiment en cuisine (en ochazuke par exemple) et peut être bu à tout moment de la journée. Désaltérant et rafraîchissant, il est aussi très agréable dans sa version glacée.

Sa dégustation est optimale en kyusu mais si vous le tentez au set à déguster comme moi, je vous recommande alors 2,5g , une eau à 95° et au moins 5 minutes d'infusion.



Le Mimasaka bancha est une jolie découverte pour moi, amatrice de thés hojicha (grillés). Ses superbes feuilles lustrées développent avec beaucoup de douceur des notes toastées, boisées et de fruits cuits. Il n'y a pas cette perception subtilement fumée du Kyô bancha, ce qui en fait vraiment un cousin gustatif de l'hojicha par son aspect légèrement torréfié. Sa liqueur est plus sombre que celle du Kyô bancha, plus ambrée, et sa bouche est ronde, douce, légère et sucrée. Les recommandations d'infusion sont les mêmes que pour le thé précédent.

Ce bancha est une spécialité de la préfecture d'Okayama et est aussi populaire dans son pays. Les méthodes de manufacture sont variables mais celui-ci est issu d'une cueillette d'égalisation de l'été 2018 (théiers de type yabukita). Les feuilles ont été bouillies puis étalées trois jours au soleil. Elles ont alors été arrosées plusieurs fois avec leur jus de cuisson, ce qui a initié une très légère fermentation et leur a conféré ce brillant si particulier. Enfin, une torréfaction qui laisse son empreinte et donne son aspect hojicha à ce bancha.

J'espère que ce post aura provoqué chez vous l'envie de découvrir ces thés malheureusement méconnus chez nous. Pauvres en théine, ils sont aussi une parfaite alternative à la tisane du soir!



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